Insoumission au Tibet
Jusque-là l’ordre régnait ?
Si les JO de Pékin représentent une unique et ultime opportunité pour les Tibétains de faire entendre leur voix, il serait faux de croire que jusque-là l'ordre régnait depuis la fin des années 90 comme l'a écrit un journaliste du "Monde".
Il y a toujours eu des Tibétains (isolés ou en petits groupes, laïcs ou moines) qui ont osé crier au retour du Dalaï Lama, à l’indépendance du Tibet... Voici juste quelques noms de Tibétains condamnés et emprisonnés pour subversion, pamphlets, etc, cités, en novembre 2007, par le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (TCHRD) : août 2007, Ronggye Adak, (8 ans de prison) ; A’druk Lopoe (10 ans) ; Kunkhen (9 ans), Lothok (13 ans). Tous "coupables" d'avoir usé de la liberté d’expression qu’ils n’ont pas.
Autre cas, celui de Tenzin Delek qui a été condamné en 2002 à la peine de mort pour avoir soi-disant participé à des activités terroristes… Sous la pression internationale, sa peine aurait été commuée en prison à vie. Ce moine, enseignant et travailleur social très populaire, agissait effectivement pour la préservation de la culture tibétaine et avait rencontré le Dalaï Lama en Inde où il a vécu de 1982 à 1987. Trop gênant ? http://pekin2008.rsfblog.org/archive/2007/11/30/cas-n-4-tenzin-delek-rinpoche.html
La remise de la médaille d’or du Congrès américain au Dalaï Lama, en octobre 2007, a rappelé que l’absence de révolte massive ne signifiait pas que les Tibétains étaient résignés ou se sentaient libres. Des moines des monastères de Drepung, Labrang Tashikyil, Sera, et d’ailleurs ont été arrêtés pour avoir célébré cette médaille. Avant et pendant cette distinction, les autorités chinoises ont imposé de sévères restrictions et contrôles pour empêcher tous rassemblements. Des caméras de surveillance ont aussi été installées à Lhassa. Moines et laïcs ont été placés sous haute surveillance. Impossible pour les autorités chinoises de tolérer la moindre manifestation en l'honneur du Dalaï Lama.
Jusque-là, les médias en parlaient peu ou pas, mais il y avait encore et toujours des Tibétains qui faisaient entendre leur désespoir et leurs souffrances. Ce n'est pas parce que le monde faisait la sourde oreille qu'il ne se passait rien. Tout comme ce n'est pas parce qu'aujourd'hui aucune info ne filtre du Tibet qu'il ne s'y passe plus rien. A n'en pas douter, les arrestations, les emprisonnements, les interrogatoires musclés, la répression et la terreur constituent aujourd'hui le quotidien des Tibétains de Lhassa et des autres régions du Tibet. Pas de quoi en faire la Une ?