Pas de drapeaux ? Pas de flamme !
Une bouffée d'espoir. Voilà ce que cette journée du 7 avril laisse dans les esprits même s'il y a aussi de l'amertume. Cet espoir a tout d'abord été porté dès 11 heures par les centaines de personnes présentes sur l'esplanade du Trocadéro.
Souriant, Thupten Gyatso, président de la communauté tibétaine de France, s'est félicité de voir "autant de monde un
lundi !". Interrogé par les médias, il a expliqué : "Nous avons organisé une contre-manifestation pour condamner avec fermeté les répressions militaires et demander aux autorités chinoises d'être constructives, d'ouvrir le Tibet aux médias étrangers, à la commission d'enquête internationale et qu'une aide médicale soit accessible à la population tibétaine".
Drapeaux tibétains, ouïghours (bleu ciel), du Vietnam libre (jaune avec des rayures rouges), pancartes appelant à la fin des massacres, au respect des droits de l'homme, à l'ouverture du dialogue avec le Dalaï Lama, à l'acceptation d'une enquête internationale au Tibet, au boycott des JO, tels étaient les principaux messages adressés par ces centaines de personnes sur l'esplanade du Trocadéro et plus tard sur le parcours de la flamme olympique.
Tout ce que la récente répression au Tibet a suscité d'indignations a été ici clamé avec dignité et parfois colère et rage.
Comme à Dharamsala (lieu d'exil du gouvernement tibétain), deux univers se sont cottoyés sur le Parvis des droits de l'homme. Sur l'estrade, les aînés Tibétains ont fait le pari du dialogue. Soutenus par des hommes politiques (des maires dont celui de Cesson, des députés dont Noël Mamère), des artistes, des écrivains, des ONG, des gens venus de toute la France, ils ont multiplié les discours et les témoignages. Face à eux, les jeunes Tibétains ont scandé sans relâche et puissamment des slogans entendus en Inde : What we want ? We want freedom ! We want justice ! China shame ! ... Il était déjà manifeste que ces jeunes avides d'action n'allaient pas accepter d'être cantonnés à ce piège qu'est très vite devenu le Trocadéro.
Liberté d'expression bafouée
Car boucler l'accès à la tour Eiffel depuis le Trocadéro n'a pas suffi aux forces de l'ordre. Au fil de la journée (et des incidents qui ont émaillé le défilé olympique), l'étau s'est refermé sur ceux qui avaient choisi de gentiment agiter leurs drapeaux et leurs pancartes loin du parcours de la flamme olympique, des télévisions et des images officielles. Vers 15 heures, toute personne qui souhaitait quitter le Parvis était fouillée et les détenteurs de drapeaux priés de s'en débarrasser ou de rester au Trocadéro. Bien sûr, la station de métro était fermée. En France, ce 7 avril il était possible de manifester sa solidarité au peuple tibétain pourvu que personne ne le sache.
Nombreux sont ceux qui ont néanmoins anticipé et réussi à se rendre sur le parcours. Mais la liberté d'expression a là aussi été bafouée. La ministre de l'Intérieur peut toujours dire qu'il n'y avait pas de consignes pour confisquer les drapeaux tibétains, la réalité a été tout autre et contredit totalement ses déclarations.
Outre les images filmées par les télévisions (sous la tour Eiffel, quai Branly, place de l'hôtel de ville), aux abords de l'assemblée nationale, une trentaine de manifestants pro-tibétains (et non anti-chinois !) ont été refoulés loin des regards par une trentaine de CRS. Ils ont ainsi été tenus à l'écart tant que la flamme n'était pas passée. "Ce sont les mots d'ordre", ont assuré sans hésitation ces fonctionnaires bien disciplinés.
Pure provocation, sur le trottoir d'en face, des militants chinois ont eu tout le loisir de brandir fièrement leurs drapeaux rouge de la République populaire de Chine.
Heureusement, ils ont été nombreux à vouloir protester ouvertement contre la sanglante répression chinoise au Tibet, contre son occupation illicite depuis 57 ans, contre sa sinisation forcée vouée à faire disparaître la culture tibétaine traditionnelle et sa religion. Outre la quarantaine de députés qui ont installé une banderole demandant le "Respect des droits de l'homme en Chine" entourée de drapeaux du Tibet près des marches du Palais-Bourbon (mais non sur le fronton comme demandé), il y a des Tibétains, des militants de Reporters sans Frontières et des élus (Verts essentiellement) qui ont réussi tout au long du parcours à déployer des drapeaux, des banderoles (en divers lieu sur le parcours pour les Tibétains ; sur la tour Eiffel, sur Notre-Dame et les Champs-Elysées pour RSF ; à la fenêtre de l'hôtel de ville pour des élus Verts).
Sans aucun doute la liberté d'expression a été salie ce 7 avril. Et ce, au nom du respect de la Chine ce qui a le don d'agacer encore un peu plus. Mais quelle que soit cette organisation à la pékinoise, le parcours de la flamme a été amplement perturbé (la torche a été cinq fois éteinte, une pour raison technique dit-on et quatre volontairement ; par trois fois, elle a dû trouver refuge dans un bus ; le parcours a même été raccourci).
Ce n'est ni l'olympisme, ni ce défilé fumant qui ont suscité toutes ces protestations mais bel et bien le régime chinois qui s'était engagé en 2001 à faire des efforts en matière des droits de l'homme et n'en a rien fait. Cette journée était destinée à mettre la pression sur ce gouvernement (et le nôtre) dans l'espoir que le Tibet et les Tibétains puissent retrouver leur liberté au plus vite. Avant qu'il ne soit trop tard.
Drapeaux tibétains, ouïghours (bleu ciel), du Vietnam libre (jaune avec des rayures rouges), pancartes appelant à la fin des massacres, au respect des droits de l'homme, à l'ouverture du dialogue avec le Dalaï Lama, à l'acceptation d'une enquête internationale au Tibet, au boycott des JO, tels étaient les principaux messages adressés par ces centaines de personnes sur l'esplanade du Trocadéro et plus tard sur le parcours de la flamme olympique.
Comme à Dharamsala (lieu d'exil du gouvernement tibétain), deux univers se sont cottoyés sur le Parvis des droits de l'homme. Sur l'estrade, les aînés Tibétains ont fait le pari du dialogue. Soutenus par des hommes politiques (des maires dont celui de Cesson, des députés dont Noël Mamère), des artistes, des écrivains, des ONG, des gens venus de toute la France, ils ont multiplié les discours et les témoignages. Face à eux, les jeunes Tibétains ont scandé sans relâche et puissamment des slogans entendus en Inde : What we want ? We want freedom ! We want justice ! China shame ! ... Il était déjà manifeste que ces jeunes avides d'action n'allaient pas accepter d'être cantonnés à ce piège qu'est très vite devenu le Trocadéro.
Liberté d'expression bafouée
Car boucler l'accès à la tour Eiffel depuis le Trocadéro n'a pas suffi aux forces de l'ordre. Au fil de la journée (et des incidents qui ont émaillé le défilé olympique), l'étau s'est refermé sur ceux qui avaient choisi de gentiment agiter leurs drapeaux et leurs pancartes loin du parcours de la flamme olympique, des télévisions et des images officielles. Vers 15 heures, toute personne qui souhaitait quitter le Parvis était fouillée et les détenteurs de drapeaux priés de s'en débarrasser ou de rester au Trocadéro. Bien sûr, la station de métro était fermée. En France, ce 7 avril il était possible de manifester sa solidarité au peuple tibétain pourvu que personne ne le sache.
Nombreux sont ceux qui ont néanmoins anticipé et réussi à se rendre sur le parcours. Mais la liberté d'expression a là aussi été bafouée. La ministre de l'Intérieur peut toujours dire qu'il n'y avait pas de consignes pour confisquer les drapeaux tibétains, la réalité a été tout autre et contredit totalement ses déclarations.
Pure provocation, sur le trottoir d'en face, des militants chinois ont eu tout le loisir de brandir fièrement leurs drapeaux rouge de la République populaire de Chine.
Heureusement, ils ont été nombreux à vouloir protester ouvertement contre la sanglante répression chinoise au Tibet, contre son occupation illicite depuis 57 ans, contre sa sinisation forcée vouée à faire disparaître la culture tibétaine traditionnelle et sa religion. Outre la quarantaine de députés qui ont installé une banderole demandant le "Respect des droits de l'homme en Chine" entourée de drapeaux du Tibet près des marches du Palais-Bourbon (mais non sur le fronton comme demandé), il y a des Tibétains, des militants de Reporters sans Frontières et des élus (Verts essentiellement) qui ont réussi tout au long du parcours à déployer des drapeaux, des banderoles (en divers lieu sur le parcours pour les Tibétains ; sur la tour Eiffel, sur Notre-Dame et les Champs-Elysées pour RSF ; à la fenêtre de l'hôtel de ville pour des élus Verts).
Sans aucun doute la liberté d'expression a été salie ce 7 avril. Et ce, au nom du respect de la Chine ce qui a le don d'agacer encore un peu plus. Mais quelle que soit cette organisation à la pékinoise, le parcours de la flamme a été amplement perturbé (la torche a été cinq fois éteinte, une pour raison technique dit-on et quatre volontairement ; par trois fois, elle a dû trouver refuge dans un bus ; le parcours a même été raccourci).
Ce n'est ni l'olympisme, ni ce défilé fumant qui ont suscité toutes ces protestations mais bel et bien le régime chinois qui s'était engagé en 2001 à faire des efforts en matière des droits de l'homme et n'en a rien fait. Cette journée était destinée à mettre la pression sur ce gouvernement (et le nôtre) dans l'espoir que le Tibet et les Tibétains puissent retrouver leur liberté au plus vite. Avant qu'il ne soit trop tard.
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