L'Union Européenne : peut mieux faire
L'Europe a joué son rôle. On peut s'estimer satisfait. D'autant que les autorités chinoises ont vivement réagi à la déclaration commune des 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne. En fait, il n'y a pas de quoi se réjouir (cf. note). Car si la réaction de l'UE a le mérite d'exister, elle demeure insuffisante car trop frileuse. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les propos du porte-parole du ministre des Affaires étrangères chinois. Pour lui, pas de modération diplomatique ou de "forte préoccupation" mais un "très vif mécontentement". Arrogant à souhait, l'homme ajoute que "toute personne raisonnable devrait s'abstenir de risquer de provoquer l'hostilité d'un quart de la population mondiale" et que "cette hostilité envers la Chine (...) ignore la stabilité, le développement et la prospérité de la Chine". En clair, l'UE a pissé dans un violon mais a soulagé sa bonne conscience.
Ils ont fait ce qu'ils pouvaient ces 27 ministres! Il faut bien tenir compte des réalités économiques. Soyons lucides, ce ne sont pas les Tibétains qui vont acheter des Airbus ou des réacteurs nucléaires ! Faut savoir ce qu'on veut dans la vie !
Bah justement. Ce qu'on veut ce sont des politiciens courageux, capables de défendre avec conviction des idées aussi vitales que le respect des droits de l'homme, la justice ou la liberté d'expression. L'argument économique dont on nous gave jusqu'à satiété finit par donner la nausée. Il manque d'ailleurs de pertinence. Car si puissante que peut être la Chine, face à 27 pays soudés elle aurait moins de marge de manoeuvre qu'elle veut bien le faire croire. L'Allemagne n'a d'ailleurs pas craint de recevoir le Dalaï Lama au mépris d'éventuelles sanctions économiques chinoises.
On est là dans un rapport de force. Celui qui ne doute pas et brandit sa suprématie, gagne. C'est ça aussi la diplomatie : une partie de poker où celui qui maîtrise le mieux l'art du bluff remporte la mise. Parce qu'en fin de compte, que pouvait-on attendre de l'UE ? Pas une rupture diplomatique, pas une déclaration de guerre (même froide), mais seulement qu'elle fasse valoir que lorsqu'on veut jouer dans la cour des grands, siéger au Conseils de sécurité et des droits de l'homme à l'ONU, accueillir les JO, il faut aussi montrer patte blanche. D'autant que la Chine s'était engagée en 2001 à faire des efforts si elle obtenait les JO. C'est aussi l'argument qu'on nous avait sorti à l'époque : les JO obligeront de fait la Chine à s'ouvrir à la démocratie (la quoi ?).
Une seule chose est claire : fondamentalement, l'UE comme l'ensemble des pays du monde (bien inspirés par l'inertie onusienne) se fichent complètement de ce Pays des Neiges coincé entre les deux mastodontes que sont l'Inde et la Chine. Cet état tibétain est sûrement trop asiatique, trop spirituel pour qu'on en fasse une cause européenne ou internationale. Le Tibet, comme la Tchétchénie pour laquelle l'UE n'a pas été plus courageuse, ne représentent rien sur l'échiquier mondial, en tout cas pas de quoi en faire un scandale. A ce petit jeu des grands, les perdants ce sont ces peuples et nous tous individuellement.
Ils ont fait ce qu'ils pouvaient ces 27 ministres! Il faut bien tenir compte des réalités économiques. Soyons lucides, ce ne sont pas les Tibétains qui vont acheter des Airbus ou des réacteurs nucléaires ! Faut savoir ce qu'on veut dans la vie !
On est là dans un rapport de force. Celui qui ne doute pas et brandit sa suprématie, gagne. C'est ça aussi la diplomatie : une partie de poker où celui qui maîtrise le mieux l'art du bluff remporte la mise. Parce qu'en fin de compte, que pouvait-on attendre de l'UE ? Pas une rupture diplomatique, pas une déclaration de guerre (même froide), mais seulement qu'elle fasse valoir que lorsqu'on veut jouer dans la cour des grands, siéger au Conseils de sécurité et des droits de l'homme à l'ONU, accueillir les JO, il faut aussi montrer patte blanche. D'autant que la Chine s'était engagée en 2001 à faire des efforts si elle obtenait les JO. C'est aussi l'argument qu'on nous avait sorti à l'époque : les JO obligeront de fait la Chine à s'ouvrir à la démocratie (la quoi ?).
Une seule chose est claire : fondamentalement, l'UE comme l'ensemble des pays du monde (bien inspirés par l'inertie onusienne) se fichent complètement de ce Pays des Neiges coincé entre les deux mastodontes que sont l'Inde et la Chine. Cet état tibétain est sûrement trop asiatique, trop spirituel pour qu'on en fasse une cause européenne ou internationale. Le Tibet, comme la Tchétchénie pour laquelle l'UE n'a pas été plus courageuse, ne représentent rien sur l'échiquier mondial, en tout cas pas de quoi en faire un scandale. A ce petit jeu des grands, les perdants ce sont ces peuples et nous tous individuellement.
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