Toulouse et le Tibet
Il y a une semaine, les grands panneaux publicitaires vantant la foire internationale de Toulouse et son invité la Chine ne choquaient personne. A n'en pas douter, c'était même un honneur de recevoir un tel invité. Un miracle (économique). Pensez donc ! Un pays si prospère avec un taux de croissance à faire pâlir tous les pays occidentaux, un marché si vaste, une opportunité si belle de nouer des contacts en vue de juteux contrats... Et puis patatras !! Voilà que les présidents (PS) de la région Midi-Pyrénées et du département de la Haute-Garonne, ainsi que le maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen (encore que lui, il vient juste d'être élu) ont décidé de ne pas inaugurer, samedi dernier, cette foire internationale. Et ce, pour protester contre la situation au Tibet.
Ah tiens ? Il en est encore qui découvrent que le Tibet a été envahi en... 1950 ? Qu'il survit depuis sous occupation étrangère ? Qu'il subit depuis des lustres une violente sinisation qui, après l'horreur de la répression, des "rééducations" dans les laogaï (goulag chinois), des emprisonnements arbitraires, tortures, massacres, stérilisations forcées, destructions de monastères, etc..., se caractérise aujourd'hui par une agression démographique, une urbanisation forcée, une disparition de sa langue, de sa culture, un contrôle de sa religion, assortis de cette sempiternelle interdiction de détenir un simple portrait du chef politique et spirituel qu'est le Dalaï Lama, etc... ?
La ville rose serait-elle coupée du monde ? On s'inquiète. A-t-on au moins l'électricité dans cette contrée éloignée à défaut de recevoir les journaux, de pouvoir écouter la radio ou regarder la TV ?
Qu'on se rassure, ce n'est pas là la raison. Ces élus disent avoir pris cette décision "compte tenu des circonstances et afin de marquer notre engagement en faveur du respect des droits de l’homme au Tibet, comme partout dans le monde". Ils savaient donc ce qui se passait au Tibet jusque-là. Il a quand même fallu que des Tibétains crevant de désespoir (parce qu'abandonnés de tous depuis plus de cinquante ans) se révoltent violemment au péril de leur vie et que les occupants les répriment sans état d'âme pour qu'on se souvienne qu'il se passait quelque chose sur le Toit du monde. Soudain, cette Chine si respectable l'a moins été.
Etrange.